interventions en Conseil de Paris

Une meilleure qualité de vie pour les Kiosquiers parisiens

Conseil de Paris des 17 et18 mai 2016

Si les kiosques de presse font partie intégrante du paysage parisien, ils sont surtout emblématiques de la liberté d’expression à laquelle nous sommes tous attachés. Leur présence sur le sol parisien, alors que souffle le vent du numérique, montre qu’il y a encore un goût pour le papier journal et le papier glacé.

Dans notre société du toujours plus vite, nous sommes abreuvés chaque quart de seconde d’informations visuelles et sonores et pourtant le papier semble faire de la résistance. Reste que le chiffre d’affaires des kiosquiers est directement impacté par la puissance du numérique.

Donner un nouveau souffle à ces kiosques était donc une nécessité. L’arrivée à échéance des deux contrats de gestion des kiosques de presse a été l’occasion de repenser les modalités de gestion de ces kiosques.

Sur les candidats qui ont remis l’offre finale c’est le candidat sortant Mediakiosk qui s’est vu attribué le marché.

Ce dernier propose le renouvellement de 360 kiosques d’ici à juin 2019 avec un espace de vente repensé, plus attractif pour le client et plus confortable pour le kiosquier ou la kiosquière.

Jusque là, on se demandait souvent comment faisaient ces commerçants dans la froidure de l’hiver !

Dans les futurs kiosques, sont prévus un dispositif de chauffage, un plancher isolant, un vitrage amovible … La mise en place à l’ouverture et le rangement à la fin de la journée seront simplifiés d’où un gain de temps et une meilleure qualité de vie pour les kiosquiers. Une vitrine réfrigérée permettra la vente de boisons fraîches. Un moyen d’augmenter le chiffre d’affaires à l’heure où la vente de journaux peut être amenée à diminuer.

Un chiffre d’affaires qui varie parfois du simple au double voire au triple selon les emplacements, d’un quartier à l’autre, voire d’une rue à l’autre.

Nous allons donc dans le sens d’une amélioration des conditions de travail et d’une valorisation du métier de kiosquier.

 

Accessibilité dans le Village St Paul

Conseil de Paris des 4 et 5 juillet 2016

A chaque fois qu’un pas de plus est fait pour l’accessibilité pour tous, nous devons nous en féliciter. C’est mon cas en tant qu’élue du 4e arrondissement et déléguée auprès du Maire, Christophe GIRARD, à la santé et au handicap, mais aussi en tant que membre de la Commission du Vieux Paris, commission au cours de laquelle il n’est pas rare que j’intervienne sur ce sujet de rendre compatible patrimoine et accessibilité. Je sais que c’est non seulement possible, mais c’est surtout légitime.

Alors, heureusement, les mentalités changent. Je me souviens notamment d’une commission du Vieux Paris, lors de la précédente mandature, où un intervenant, à propos de la mise en accessibilité d’un lieu classé, avait osé, de façon condescendante, la formule "c’est comme si on nous demandait de dépaver la rue Mouffetard". Aujourd’hui, il ne s’agit pas de retirer les pavés des cours du village Saint-Paul, mais de les scier, comme cela a déjà été fait notamment rue des Rosiers, par exemple, il y a quelques années, ce qui permet aux personnes en fauteuil roulant de se déplacer plus aisément, sur un sol lissé, tout comme les personnes âgées à la marche difficile ou encore, les parents promenant leurs jeunes enfants en poussette.

Preuve est faite qu’user de pragmatisme intelligent peut mener vers des solutions satisfaisantes pour tous, y compris dans des lieux qui ont des siècles d’histoire. C’est le cas pour ce village Saint-Paul, encastré entre la rue Saint-Antoine et la Seine, qui fut d’abord un lieu de résidence pour 300 moniales au VIIe siècle, puis choisi par Charles V comme lieu de résidence en 1360, avant de devenir la paroisse des rois de France jusqu’en 1559. Réhabilité dans les années 70, s’y trouvent aujourd’hui 32 immeubles et 88 commerces gérés par la R.I.V.P., mais comme il est dit dans cette délibération, l’organisation et l’accessibilité de ces immeubles sont aujourd’hui obsolètes, et nous pouvons nous réjouir de voir que la question de l’accessibilité, comme celle de la qualité environnementale, sont au cœur du cahier des charges des travaux de rénovation.

Comme cela est rappelé dans les textes interministériels, l’accessibilité est la réduction de la discordance entre, d’une part, les possibilités, les compétences et les capacités d’une personne, et, d’autre part, les ressources de l’environnement lui permettant de façon autonome de participer à la vie de la cité. Il faut donc tout mettre en œuvre pour réduire, jusqu’à effacer cette discordance.

L’accessibilité, comme vous le savez, à défaut d’être une réalité en 2016, est une obligation légale. Elle devrait être effective dans la prochaine décennie si les délais supplémentaires accordés après 2015 sont respectés. Il faut en tout cas l’espérer. J’ai le sentiment que la volonté est là, que le pragmatisme va nous aider à réaliser ce qui paraissait improbable jusque-là, comme corriger un sol glissant, atténuer une pente, retirer des graviers, accoler des dalles disjointes ou encore, justement, scier des pavés, comme ce sera le cas au village Saint-Paul, un magnifique endroit que je vous invite à découvrir, si ce n’est encore fait, et en tout cas qui permettra de rendre compatible patrimoine et accessibilité pour tous. Un bel exemple à suivre.

Paris au Rendez vous de la Recherche

Conseil de Paris Février 2016

L’onco-hématologie, dont il est question dans cette délibération, correspond aux cancers des cellules du sang et des organes qui les fabriquent, comme les leucémies ou les lymphomes.

Si la recherche, la prévention, la précocité des diagnostics ont permis de faire baisser la mortalité due aux cancers, force est de constater que le nombre de nouveaux cas a doublé au cours de ces 30 dernières années.  

La recherche fondamentale et clinique doit donc se poursuivre et nous devons nous en donner les moyens. A ce titre, Paris peut s’enorgueillir de soutenir la Recherche comme elle le fait depuis de nombreuses années avec notamment l’Institut de la Vision.

En novembre 2011, nous avions accordé une subvention de 3 millions d’euros à l’Université Paris Diderot pour faciliter le démarrage du projet de création d’une plateforme de formation et de recherches translationnelles en onco-hématologie sur la « dalle Méary » au sein de l’hôpital Saint Louis.

Il s’agit aujourd’hui de poursuivre la participation de la Ville de Paris avec une nouvelle subvention de 3 millions d’euros à ce projet d’envergure auquel contribuent l’APHP et l’Agence Nationale de Recherche pour un budget global de 19 millions d’€.

Le bâtiment de 3000 m² qui comportera l’Ecole de l’Innovation et un incubateur pour des programmes de recherches scientifiques et technologiques en lien avec des partenariats industriels devrait être prêt pour la rentrée universitaire de 2017. 

Paris se doit d’être au rendez vous de la recherche fondamentale et clinique afin d’améliorer la prévention et la vie des malades.  

L’Institut du Patient Digital en Onco-hématologie (DPIO), aura pour objectif de développer le concept de médecine personnalisée en Onco-hématologie, de contribuer à en développer les outils et les procédures et de faire la preuve de ce concept en l’incluant dans le parcours des patients.

Aujourd’hui, nous sommes tous connectés, les smartphones savent compter le nombre de nos pas dans la journée, d’autres appareils permettent en quelques secondes de transmettre sur votre smartphone la pression artérielle, la fréquence cardiaque ou la température. Ces connexions à toutes sortes de réseaux sont en fait génératrices de données. Un big data de la santé qui pourrait être utilisé pour aboutir à des soins digitalisés. Au patient digital !

Ce n’est pas la médecine de demain mais bien la médecine d’aujourd’hui. Une médecine transversale, translationnelle qui tiendra compte de toutes les données recueillies en respectant la confidentialité et en plaçant le patient toujours au centre. 

En mémoire de Charlotte Delbo

Conseil de Paris Février 2016

Nous pourrons voir prochainement apposée au 33 rue Lacépède à Paris dans le 5e arrondissement la plaque commémorative en hommage et en mémoire de CHARLOTTE DELBO

Née le 10 août 1913 à Vigneux-sur-Seine et morte le 1er mars 1985 à Paris, Charlotte Delbo fut une écrivaine française, une femme de lettre, une résistante

Arrêtée le 2 mars 1942 parce qu'elle faisait partie du réseau Politzer, Charlotte Delbo fut incarcérée à la prison de la Santé, à Paris, puis transférée à Romainville, le 24 août 1942, avant d'être déportée à Auschwitz-Birkenau, par le convoi du 24 janvier 1943.

« Le convoi du 24 janvier » c’est le titre d’un de ses ouvrages qui font partie avec ceux de Primo Levi ou d’Elie Wiesel de ces œuvres-témoignages aussi effroyables que nécessaires.

Elle sera l'une des 49 rescapées de ce convoi de 230 femmes.

Elle écrira aussi cette trilogie intitulée Auschwitz et après dont le 1er livre a pour titre Aucun de nous ne reviendra.

Nous connaissons tous ces phrases si percutantes de simplicité et qui nous disent l’horreur vécue par Charlotte Delbo et les millions de déportés arrivés à une gare où l’on n’arrive pas.

 

 « Il est une gare où ceux là qui arrivent sont justement ceux là qui partent, écrit-elle

Une gare où ceux qui arrivent ne sont jamais arrivés, où ceux qui sont partis ne sont jamais revenus

C’est la plus grande gare du monde.

Ils y arrivent avec des enfants même les petits qui ne devraient pas être du voyage

Et quand ils arrivent

Ils croient qu’ils sont arrivés

En enfer

Possible

Pourtant ils n’y croyaient pas

Ils ne savent pas qu’à cette gare-là on n’arrive pas. 

Ils attendent le pire, ils n’attendent pas l’inconcevable»

 

Charlotte Delbo vécut l’enfer et l’inconcevable, l’insoutenable et l’effroyable, « la perte de tous les sens de la vie » comme elle l’écrit, anéantie par l’horreur d’Autschwitz, côtoyant chaque jour ces corps inanimés par le froid glacial et la faim, des corps sans vie et bientôt morts.

Celle qui fut, avant la guerre, l'assistante de Louis Jouvet, a laissé tout un répertoire de textes qui seront régulièrement joués.

Nous ne devons cesser de les lire et de les faire lire pour ne jamais Oublier que cela fût comme nous y exhorte Primo Levi   

 

les PAM La mobilité est un droit

Conseil de Paris Février 2016

Les PAM, ces véhicules « Pour aider à la Mobilité » mis à la disposition des personnes handicapés ou âgés en difficulté de mobilité ont de toute évidence changé la vie de nos concitoyens.

Les PAM c’est  plus de 300 000 courses effectuées chaque année et environ 6 000 parisiens qui sont transportés annuellement, 7 jours sur 7, pour se rendre au travail ou chez le médecin, mais aussi pour rendre visite à des amis, aller au restaurant ou au cinéma

Il faut pour cela habiter Paris et être titulaire d'une carte d'invalidité supérieure ou égale à 80%  PAM 75 est également ouvert aux bénéficiaires de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), GIR 1 à 4. 
Les visiteurs handicapés venant de province ou de l'étranger peuvent également faire appel à PAM 75 pour organiser leurs déplacements lors d'un séjour à Paris. 

Les conventions entre le STIF, la Région Ile-de-France et le Département de Paris s’achevant en 2016, de nouvelles conventions pour la période 2016-2022 feront l’objet d’une délibération distincte à venir.

Pour organiser et réaliser cette prestation de transport collectif à la demande aux personnes, le département a confié cette mission à la société SOMAP dans le cadre d’un marché public qui s’achèvera en novembre 2016. En parallèle, un marché de prestations de contrôle a été attribué à la société Services Publics Lab’, qui a pour missions d’analyser mensuellement la base de données des transports, et de réaliser un audit et un contrôle des transports, ainsi que des enquêtes de satisfaction auprès de 200 usagers, afin de s’assurer que le service rendu répond au plus près des attentes d’un public en difficulté. Cela permettra de donner je l’espère la réponse la plus appropriée et d’améliorer si nécessaire le service rendu aux parisiens à mobilité réduite.

Ce marché s’achèvera en avril 2017.

Il aura une durée de 6 ans, compte tenu de la durée courante d’amortissement du matériel roulant spécialement adapté pour le transport des fauteuils roulants, et ne sera pas reconductible.  

 Nous pouvons noter que le futur marché prescrit la sortie du diesel dans un délai de deux ans maximum suivant la notification du contrat, échéance à laquelle l’ensemble du parc devra au moins être de motorisation essence, norme Euro 5, sans plus un seul véhicule diesel,  et une forte incitation vers des motorisations propres, alternatives moins polluantes que l’essence à l’essence, électrique ou GNV. Ce qui va dans le sens de notre lutte contre la pollution et dont nous pouvons nous féliciter.

Vaccination Le débat est nécessaire

Conseil de Paris Février 2016 

Le Département de Paris est compétent en matière de vaccinations par délégation de l’État, dans le cadre de deux conventions signées le 19 août 2005. Il dispose de 7 centres de vaccination, en capacité d’effectuer 60 000 actes vaccinaux par an.

Pour le financement des vaccins, le Département et la CPAM de Paris ont signé plusieurs conventions concernant la vaccination contre l’hépatite B, le ROR rougeole-oreillons-rubéole  le papillomavirus en prévention du cancer du col de l’utérus et les méningocoques.

Jusque là, la CPAM finançait le Département sur la base du nombre de vaccins effectués l’année précédente, au taux de 65 % généralement, excepté le ROR à 100 % (pour les moins de 18 ans).

Mais, avec l’article 49 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2015, les vaccins obligatoires et recommandés effectués par les centres de vaccination doivent désormais être pris en charge « à l’acte » par la CPAM à compter du 1er janvier 2016.

L’objectif de cette réforme nationale est de permettre à tout organisme gestionnaire de centre de vaccination de pouvoir bénéficier non plus d’un financement forfaitaire mais d’un financement individualisé en fonction des actes effectués et d’accueillir le maximum de consultants, sans être contraint financièrement.

Tout cela va dans le bon sens mais il n’a échappé à personne que la vaccination faisait débat en ce moment. Un sentiment de défiance à l’égard des vaccins existe, et de plus en plus nombreux sont les hésitants vaccinaux voire les anti vaccinaux.

Une enquête de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) a montré que la couverture vaccinale avait baissé d’environ 5 % chez les bébés de 0 à 9 mois entre 2014 et 2015 pour le vaccin hexavalent qui protège contre six maladies, dont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (DTP) et la coqueluche,  

Or, pour la plupart de ces infections, il faut un taux de couverture vaccinale supérieur à 90 % pour protéger la population.

Selon la ministre de la santé qui s’est emparé de ce dossier,  « les professionnels de santé expriment leurs inquiétudes face à la baisse de vaccination chez les nourrissons et à la résurgence régulière de cas de rougeole ».

Sans oublier cette désaffection pour le vaccin contre la grippe dont le taux de couverture a chuté de 13 points depuis 2008.  Selon l’INVS 50,1 % des personnes jugées à risque se sont faites vacciner en 2012, 48,9% en 2013, 46,1% en 2014… alors que pour faire barrage à l'épidémie, il faut un taux de vaccination de 75%.

Certains craignent les effets secondaires, comme la sclérose en plaque. Et si aucun lien de cause à effet n’a été établi par une étude scientifique, les cas de sclérose en plaques qui ont fait suite à la vaccination contre l’hépatite B ont de toute évidence créer de la suspicion. Ajoutons à cela l’angoisse des parents de vacciner leurs enfants dès l’âge de 9 ans contre le papillomavirus, ou encore tout ce qui est dit là encore sans étude scientifique contre la présence d’adjuvants dans les vaccins, sont autant de sujets qui déstabilisent les patients

S’il est essentiel de rappeler que l’éradication de certaines maladies s’est faite grâce aux vaccins, il faut aujourd’hui rassurer et informer. Ce sera l'objet d'une conférence qui aura lieu le 22 mars prochain en mairie du 4ème arrondissement dans le cadre des Mardis de la Santé.

Serait il possible d’envisager et là je m’adresse à notre collègue Bernard Jomier une grande journée d’information autour de la vaccination qui permettra de faire le tri entre les infos et les intox et d’éclaircir une situation qui tend à créer du doute et de la méfiance.