Acessibilité Paris doit etre exemplaire

Volontarisme et Pragmatisme

Conseil de Paris 28 septembre 2015

Madame la Maire,

Je vous remercie pour cette communication qui montre pleinement qu'aller vers l'égalité réelle pour les personnes en situation de handicap est une des priorités de cette mandature

Oui nous avons fait des choses et cela est indéniable et je veux rendre hommage à Pénélope Komites dès 2001 avant la loi 2005 et à Véronique Dubarry qui assumait avec passion sa délégation. La présidente de la 6ème commission que je fus, lors de la precedente mandature,  peut en témoigner. Les mairies, les lignes de bus accessibles, les musées comme le MAM ou la Maison Victor Hugo, les 33 bibliothèques et les mediatheques Yourcenar et Duras, montrent que l'accessibilité existe à certains endroits. 

Mais nous ne pouvons hélas « fêter », comme nous aurions dû, comme nous aurions pu le faire,  le dixième anniversaire de la loi de février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Car le compte n'y est pas : à Paris sur les quelques 2200 ERP de la Ville et du Département de Paris 417 établissements seulement ont été déclarés accessibles.

3 à 9 ans de plus pour se mettre en conformité avec la loi de 2005, c'est le temps supplémentaire qui nous a ete donné. Pour nos concitoyens porteurs de handicap, qui ont deja usé de beaucoup de patience, c'est beaucoup trop. Notre souci sera evidemment d'aller aussi vite que possible. Le volontarisme et le pragmatisme de notre collegue Bernard Jomier et la mobilisation financière de notre collectivité avec 331,5 M € en 2015 permettront je l'espère la rapidité d'action pour des résultats plus nets, plus visibles, plus efficaces.

Le handicap doit être inclus partout de la petite enfance à la jeunesse, en passant évidemment par l’éducation, la culture, la voirie, l’urbanisme, le logement, les transports.

Pas un sujet ne doit faire l'économie de cette question du handicap. Nous pouvons nous féliciter de vous entendre dire dans cette communication que « chaque nouveau projet structurant de politique publique de la Ville devra intégrer un volet handicap ». La question du handicap se pose en effet de façon transversale

Aux actions encourageantes comme l'accueil de près de 500 enfants en situation de handicap en crèche ou la scolarisation de plus de 7 000 enfants en situation de handicap, il faut se demander combien ne le sont pas ! 

Si la scolarisation des enfants autistes est une de nos priorités, nous devons faire en sorte qu'ils n'aient plus à faire le choix de la Belgique.  L'idée de mutualiser les moyens à l'echelle de la metropole est très bonne, mais nous devons garder à l'esprit le souci de la proximité des enfants avec leurs familles. 

L'accès à l'école, c'est permettre l'avenir. Aujourd'hui, plus de 18.000 jeunes handicapés suivent des études supérieures. Non pas parce qu'ils sont plus doués qu'avant mais parce qu'il leur est possible d'y entrer ! Ce chiffre pourrait même augmenter si les universités et facultés étaient toutes accessibles. Un étudiant en fauteuil roulant ne pouvant accéder qu'à seulement quelques salles de cours, une porte impossible à ouvrir pour une personne en fauteuil si cette dernière est seule, pas d'ascenseur desservant la bibliothèque car celle-ci est inscrite au patrimoine … l'absence d'aménagements spécifiques en direction des personnes malentendantes ou déficientes visuelles, cela existe encore aujourd'hui.

Ce sont des exemples concrets d'un quotidien entravé. Oui vous avez raison de dire qu'il faut « Mieux connaître les besoins des usagers, questionner notre action, la faire évoluer ..."

Mais il s'agit aussi de continuer à faire évoluer les mentalités ! Nombre de nos concitoyens considèrent encore aujourd'hui que mettre aux normes un établissement, un magasin, un restaurant, un cabinet médical relève d'un "sacrifice" ! Cela passe par la communication,  le dialogue et le débat dans les conseils de quartier, dans les conseils locaux du handicap qui s'installent progressivement dans les mairies d'arrondissement, dans les commissions d'urbanisme, du Vieux Paris, des sites nature et paysage...

L'idée des ambassadeurs de l'accessibilité va dans ce sens, tout comme l'association J'accede que nous soutenons. 

Plus qu'une obligation à se mettre en conformité avec la loi de 2005, cela doit être vécu comme un devoir, pour que d'autres puissent jouir d'un simple droit, celui d'être un citoyen comme les autres, ni plus ni moins.  

Avec le PAVE, Plan d'accessibilité de la voirie et de l'espace public, voté en septembre 2012 et les Ad'Ap, Agendas d'accessibilité programmée, la voie publique et les bâtiments dont la Ville est propriétaire, qui ne sont pas encore accessibles devraient le devenir dans un futur proche.  

Avec ce nouveau cadre et ces nouvelles échéances que la loi a fixés, nous nous donnons les moyens de réussir pleinement ce défi avec "pragmatisme". Et je remercie notre collègue Bernard Jomier qui a touché du doigt par ce mot ce qui pouvait ralentir la mise en accessibilité de lieux et établissements. 

Madame la Maire, vous avez raison de dire que si nous arrivons à rendre les écoles accessibles aux personnes à mobilité réduite lors des élections, c'est qu'il est possible de le faire toute l'année scolaire, avec des moyens plus simples et moins chers que de rénover un perron Jules Ferry inscrit aux monuments historiques dont le coût des travaux important explique comment nous ne sommes pas arrivés en 2015 à être au rendez vous de l'accessibilité prévu par la loi de 2005. C'est un exemple certes mais ce fut comme ça un peu partout.

Trouvons des solutions, des solutions innovantes, mais aussi des solutions simples, des solutions de bon sens. Allons don

c encore plus loin pour faire de Paris une ville vraiment et partout accessible.