Sortir de la Rue

Grande cause de notre mandature

Faire de la lutte contre la grande exclusion la grande cause de cette mandature, c'est plus qu'une ambition, c'est un défi et je veux à mon tour féliciter l'ensemble des acteurs qui ont participé à son élaboration, et en particulier notre collègue Dominique VERSINI.

Au-delà de l'engagement financier de 250 millions d'euros et des 106 mesures, je tenais à saluer la qualité de ce pacte qui nous engage et qui est à la mesure de l’effort nécessaire pour enrayer ce phénomène de très grande précarité qui ne cesse d'évoluer et qui touche de plus en plus de femmes, de jeunes et de travailleurs pauvres.

Pour ma part, j’aborderai les questions de santé.

Avec la crise, les situations d’exclusion naissent, augmentent et perdurent, entraînant avec elles des séquelles physiques et psychologiques, la santé devenant à son tour très précaire.

L'accès au droit à la santé est une condition nécessaire à la réinsertion et nous pouvons nous féliciter de toutes les mesures prises dans ce domaine. L’idée d’un référentiel à destination des professionnels de santé permettra de repérer les risques de rupture ou de désaffiliation sociale.

Dès 2017, 3.000 rendez-vous par an avec une assistance sociale seront donnés. Les espaces "Solidarité Insertion" permettront de prodiguer les premiers soins, favoriser l’accès au droit, proposer une orientation vers un centre de santé ou un centre médicosocial. Les bilans de santé gratuits, via la C.P.A.M., seront généralisés. Les capacités d’accueil pour les soins seront augmentées et les sorties d'hôpital seront facilitées, avec notamment la possibilité pour les personnes sans-abri d'avoir des soins ambulatoires pendant la période de convalescence dans les structures d’hébergement social ou les centres de stabilisation.

Bien sûr, la question de l'hébergement reste essentielle et on le voit à travers cet exemple de soins dits "à domicile" quand il n'y en a pas !

Je pense évidemment aux femmes enceintes en situation de précarité durant la période pré et postnatale mais aussi aux familles avec enfants en bas âge. L’enquête "Enfants et familles sans logement" montre une situation humanitaire alarmante, et notamment un problème de nutrition.

Nous pouvons nous féliciter de l’augmentation du nombre de restaurants solidaires, qui va passer de 6 à 12, l’accès aux produits de nutrition infantile qui sera facilité en associant les maternités et les services de pédiatrie de l’A.P.-H.P. Il est important, comme cela est indiqué, d’améliorer l’articulation entre épicerie sociale et lieu de distribution alimentaire, tout en permettant la continuité de cette offre tous les jours de l’année. Il faut donc, comme l’indique le pacte, poursuivre l’humanisation des structures d’hébergement. Cela passe aussi par le développement de places pour les personnes à mobilité réduite et les places conventionnées à l’aide sociale dans les E.H.P.A.D. pour les personnes âgées.

La grande exclusion concerne - faut-il le rappeler ? - les consommateurs de drogue désocialisés, sans-abri, en errance. Il s’agira de repérer et de veiller à leur inclusion dans les parcours coordonnés de soins et d’hébergement.

Enfin, les personnes en situation de grande exclusion souffrent d’un état de santé mentale très dégradé par rapport à la moyenne, et je compte sur les conseils de santé mentale qui permettront de mieux appréhender cette problématique.

Il ne reste plus qu’à transformer ce pacte en actes, et je dirai avec beaucoup d’espoir que la rue ne doit pas être à sens unique : on doit pouvoir en sortir.